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180 rue de la Pompe à Paris : derrière cet immeuble bourgeois, la Gestapo torturait et exécutait des résistants

Dans un immeuble discret du 16e arrondissement, à Paris, des résistants ont été torturés, enfermés, parfois exécutés. À la tête de ce lieu : un homme, Friedrich Berger.

À quelques jours de la Libération, certains résistants sont tombés dans un piège. Un piège tendu en plein Paris… Un livre peut parfois rouvrir des portes que l’on pensait définitivement refermées. Avec Gestapo Berger, l’auteur Pierre Olivier s’inspire d’un épisode méconnu de l’Occupation. Mais derrière la fiction, il y a une réalité : celle d’une officine installée en plein Paris, au 180 rue de la Pompe. Un lieu ordinaire, dans un quartier bourgeois de la capitale. Et pourtant.

Une Gestapo… composée en grande partie de Français

À partir du printemps 1944, alors que la Résistance s’intensifie et que le débarquement allié approche, un homme prend la tête d’un groupe chargé de traquer les réseaux clandestins : Friedrich Berger. Allemand, espion, il dirige une équipe d’une quarantaine d’hommes. Mais particularité troublante : beaucoup sont français.

Des repris de justice, des trafiquants du marché noir, des individus recrutés pour leurs compétences… ou leur absence de scrupules. La lie de la société. 

Ce groupe deviendra ce que l’on appelle aujourd’hui : la Gestapo de la rue de la Pompe.

Un appartement transformé en lieu de torture

L’immeuble ne paie pas de mine. À l’intérieur, tout est organisé. Le rez-de-chaussée sert aux interrogatoires La cave devient une prison Les étages accueillent Berger et ses proches
Très vite, les méthodes sont connues : violence extrême, coups, brûlures, noyades simulées. Le “supplice de la baignoire” est utilisé presque systématiquement. Certains ne survivent pas.

En quelques mois à peine, le bilan est lourd : environ 300 arrestations, 163 déportations, plus de 100 morts, dont de nombreux fusillés. Après leur passage rue de la Pompe, la plupart des détenus sont envoyés à Fresnes, puis dans les camps. Très peu reviendront.

Friedrich Berger, le diable

Qui est cet homme ? Né en 1911 en Allemagne, Friedrich Berger est espion et auxiliaire de l’armée allemande. À Paris, il dirige cette unité avec brutalité. « Si le diable prenait l’apparence humaine, sans doute ressemblerait-il à ça », peut-on lire dans le roman à clef de Pierre Olivier qui décrit un homme au regarde de « fou ou d’un consommateur régulier de drogue, ou les deux à la fois. Des yeux très clairs, dont l’éclat est souligné par des cernes, donnent à cet homme quelque chose d’éminemment malsain, bien plus que cela, de proprement terrifiant ».

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