SUR MILLE ET UNE FEUILLES

L’auteur Pierre Olivier s’est inscrit dans ma mémoire dès lors qu’il a été le lauréat en 2023 du Prix du roman d’espionnage décerné par l’Amicale des anciens des services spéciaux de la Défense nationale et les Éditions Konfident, pour son excellent roman « Lorsque tous trahiront » avec un personnage principal détestable au possible, ex-lieutenant de la LVF ayant combattu à la fin de la seconde Guerre mondiale sur le front de l’Est aux côtés des nazis avant de rejoindre tout le gratin des collabos français réfugiés dans le Sud de l’Allemagne dans les environs de Sigmaringen. La fin de ce premier opus entrouvrait la porte vers une suite qui vient d’arriver avec un titre énigmatique.

Le lecteur retrouve ce lieutenant ( son nom n’est toujours pas dévoilé ) aux arrêts. Il ne nie rien de son passé, hors de question qu’il trahisse sa haine du communisme. Le contre-espionnage de la 1ère Armée française l’interroge d’abord à Lindau près du lieu de son arrestation puis à Wildbad non loin de Baden-Baden où le QG de la Zone d’Occupation Française a ses quartiers. Finalement le lieutenant s’en sort bien, la vie à Wildbad n’est pas désagréable entre interrogatoires, classements d’archives et traductions jusqu’à ce qu’un certain capitaine Dumont lui propose une bien curieuse mission qu’il ne peut qu’accepter puisqu’elle lui permet d’échapper à une justice française particulièrement sévère envers les collabos à la fin de l’été 1945.

Notre lieutenant collabo participe à la traque d’un criminel nazi nommé Friedrich Berger, agent allemand de sinistre réputation ayant dirigé l’officine gestapiste de la rue de la Pompe à Paris. Berger est en fuite en Italie, sans doute aux mains des anglais. Le lieutenant et son équipe, depuis Milan, montent une opération destinée à attirer Berger dans un piège et le capturer.

Pierre Olivier n’a pas son pareil pour construire des ambiances. Dans le Milan d’après-guerre parfaitement reconstitué, le lieutenant est au travail, s’invente une légende, manipule des connaissances que Berger ne manquera pas d’écouter. Il faut faire preuve de patience, apprivoiser le temps pendant presque un an avec des filatures incertaines, des planques interminables qui ne donnent rien, infiltrer, toucher au but et puis un grain de sable fait tout échouer. Il faut repartir de zéro. J’ai été totalement absorbé par ce récit savoureux où se mêlent espions et gangsters, fiction et Histoire. C’est complexe, il faut être attentif, le lecteur est mis à contribution mais quel régal !

La suite ici :

https://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2026/04/pierre-olivier-gestapo-berger.html

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