Première recension...
...sur le blog de Thierry Marignac.
Gestapo Berger de Pierre Olivier
Film noir
Le plus remarquable peut-être, dans le second roman de Pierre Olivier, plus réussi encore que le premier, est que la sensation constante de poisse épaisse qui ne lâche jamais le narrateur de Gestapo Berger (éditions Konfident Noir), loin de lasser, soit au contraire un fil conducteur, à mesure que le ton poignant de ce récit dégrisé prend le lecteur aux tripes. Je crois qu’un soldat tombé aux mains de l’ennemi, n’en a plus, d’honneur…
On retrouve cet éclopé de la LVF, apparu tout d’abord dans Lorsque tous trahiront (éditions Konfident Noir/Manufacture de Livres, Prix du roman d’espionnage 2023) roman situé un peu auparavant à la toute fin de la Seconde Guerre mondiale, dans les eaux troubles de la collaboration réfugiée en Allemagne et l’écheveau d’intrigues autour de la mort de Doriot, la toile d’araignée de trois ou quatre services secrets alliés mais concurrents et des nazis qui retournent leur veste.
Le soldat perdu, dans les remugles de l’immédiat après-guerre, est quant à lui facilement retourné par les services français, n’ayant plus pour ambition que celle de sauver sa peau. S’il ne lui reste plus grand-chose que La fierté de ne pas avoir perdu son amertume (Norman Mailer), le guerrier vaincu a gardé, dans les ruines de de sa défaite intérieure, une morale de combattant, vestige et fétiche. Il est donc d’autant moins difficile de le convaincre de collaborer à la traque de Friedrich Berger, un marginal devenu sous l’Occupation chef de la Gestapo de la Rue de la Pompe (personnage historique réel), par le contre-espionnage français. À ses yeux de soldat, le tortionnaire toxicomane n’est qu’un truand et une bête sauvage. Je me dis aussi que moi, l’éclopé qui ne peux plus servir sur aucun front, je me suis trouvé une guerre à ma mesure…
La suite ici : https://antifixion.blogspot.com/
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