Roland Nosek, espion nazi
Roland Nosek est un personnage important de Lorsque tous trahiront. Son nom apparaît dans 59 pages du livre (sur 201). On le retrouve dans Gestapo Berger, mais il y joue un rôle plus modeste. Comme la majorité des protagonistes de mes romans, Nosek est un personnage réel.
Né de parents autrichiens à Zwickau (Saxe) le 11 août 1907, le futur Hauptsturmführer (capitaine SS) est privé de son géniteur et de ses trois oncles par la Grande Guerre. Cette perte et la crise économique l'obligent à quitter l'école très tôt, dès ses 15 ans, pour « faire son apprentissage commercial » - le terme est de lui - dans une entreprise d'automobiles.
À compter de ses 18 ans, Nosek va beaucoup voyager en Europe, essentiellement des séjours d'agrément au cours desquels il se rend à Paris, à Londres, dans le Nord de l'Italie, à Liège, dans les Balkans et en Turquie. Doué pour les langues, il maîtrise assez rapidement le français et l'anglais, ce qui lui permet de nouer des relations durables dans les pays qu'il visite.
Lorsque Hitler devient chancelier du Reich en 1933, Roland Nosek vit à Francfort-sur-le-Main. Il est adhérent du parti nazi depuis quelques mois. Il mène alors une existence parfaitement banale. En août 1935, il se marie avec une certaine Gertrude Hühn. Cette même année, il attire l'attention de la police, car il reçoit d'assez nombreuses lettres de ses amis étrangers. Contacté par le Sicherheitsdienst (SD), le service de renseignement des SS devenu celui du parti nazi, il en devient un collaborateur bénévole.
Il n'entre réellement au SD qu'en 1938, l'année à laquelle il acquiert la nationalité allemande du fait de l'Anschluss, l'annexion de l'Autriche par Hitler.
Roland Nosek est Untersturmführer (sous-lieutenant) quand il arrive à Paris en août 1940 à la tête d'un des trois petits Kommandos (détachements) envoyés en France par le commandement des SS. Passagers clandestins – les militaires ne voulaient pas d'eux à l'Ouest -, les prétoriens du régime vont faire leur trou en France et devenir le fer de lance de la répression contre la Résistance. Nosek, qui se verrait bien diplomate après la guerre (une fois celle-ci gagnée par son pays), va, à ce que l'on en sait, éviter de se salir les mains durant ses cinq années dans notre pays. Ce ne sera jamais un « gestapiste », uniquement un officier de renseignement s'attachant à recruter des agents, à mettre sur pied des réseaux et à monter des opérations clandestines. En France, mais aussi en Afrique du Nord.
Décrit comme « le plus parisien des Allemands de la capitale » par un officier de contre-espionnage français qui l'a débriefé après la guerre, Nosek pourra se prévaloir d'une réputation de « bon Allemand ». Il semble qu'il ait rendu de nombreux services à certains de nos compatriotes dont Maurice Chevalier et Danielle Darrieux. Le chanteur et l'actrice seraient venus frapper à sa porte pour lui demander d'intervenir en faveur de proches en délicatesse avec les autorités d'occupation.
Dès 1940, Nosek entretient des relations amicales avec Jacques Doriot, le chef du Parti populaire français (PPF), qui mettra certains de ses partisans à la disposition du SS. Cette proximité justifie qu'après la libération, quand Doriot et ses partisans se réfugient en Allemagne pour y poursuivre leur action politique, Nosek chapeaute l'organisation clandestine du PPF et ses opérations en France (propagande, sabotage, renseignement) pour déstabiliser le nouveau régime.
Il apparaît à cette époque dans Lorsque tous trahiront dont l'action débute le 22 février 1945, jour de la mort de Doriot dans le mitraillage de sa voiture sur une route de campagne, près de Mengen.
Roland Nosek a été longuement entendu par les services français de contre-espionnage après la guerre. Le résultat de son interrogatoire a été publié sous le titre : Un espion nazi à Paris (Histoire et Collections, 2014).
On y trouve notamment une description détaillée de l'ex-SS : « Taille 1 m 82 - corpulence moyenne - front haut, légèrement fuyant – bouche moyenne – très bonne denture – menton houppé – oreilles légèrement décollées – visage ovale – teint clair – cheveux châtain clair légèrement grisonnants, peignés en arrière avec raie à gauche – porte la moustache couvrant la lèvre supérieure mais séparée en deux.
Marche légèrement voûté. Allure générale distinguée.
Mise soignée.
Parle le français presque sans accent et l'écrit très correctement.
Parle et écrit l'anglais. »
Né de parents autrichiens à Zwickau (Saxe) le 11 août 1907, le futur Hauptsturmführer (capitaine SS) est privé de son géniteur et de ses trois oncles par la Grande Guerre. Cette perte et la crise économique l'obligent à quitter l'école très tôt, dès ses 15 ans, pour « faire son apprentissage commercial » - le terme est de lui - dans une entreprise d'automobiles.
À compter de ses 18 ans, Nosek va beaucoup voyager en Europe, essentiellement des séjours d'agrément au cours desquels il se rend à Paris, à Londres, dans le Nord de l'Italie, à Liège, dans les Balkans et en Turquie. Doué pour les langues, il maîtrise assez rapidement le français et l'anglais, ce qui lui permet de nouer des relations durables dans les pays qu'il visite.
Lorsque Hitler devient chancelier du Reich en 1933, Roland Nosek vit à Francfort-sur-le-Main. Il est adhérent du parti nazi depuis quelques mois. Il mène alors une existence parfaitement banale. En août 1935, il se marie avec une certaine Gertrude Hühn. Cette même année, il attire l'attention de la police, car il reçoit d'assez nombreuses lettres de ses amis étrangers. Contacté par le Sicherheitsdienst (SD), le service de renseignement des SS devenu celui du parti nazi, il en devient un collaborateur bénévole.
| SHD, fonds Paillole |
Roland Nosek est Untersturmführer (sous-lieutenant) quand il arrive à Paris en août 1940 à la tête d'un des trois petits Kommandos (détachements) envoyés en France par le commandement des SS. Passagers clandestins – les militaires ne voulaient pas d'eux à l'Ouest -, les prétoriens du régime vont faire leur trou en France et devenir le fer de lance de la répression contre la Résistance. Nosek, qui se verrait bien diplomate après la guerre (une fois celle-ci gagnée par son pays), va, à ce que l'on en sait, éviter de se salir les mains durant ses cinq années dans notre pays. Ce ne sera jamais un « gestapiste », uniquement un officier de renseignement s'attachant à recruter des agents, à mettre sur pied des réseaux et à monter des opérations clandestines. En France, mais aussi en Afrique du Nord.
Décrit comme « le plus parisien des Allemands de la capitale » par un officier de contre-espionnage français qui l'a débriefé après la guerre, Nosek pourra se prévaloir d'une réputation de « bon Allemand ». Il semble qu'il ait rendu de nombreux services à certains de nos compatriotes dont Maurice Chevalier et Danielle Darrieux. Le chanteur et l'actrice seraient venus frapper à sa porte pour lui demander d'intervenir en faveur de proches en délicatesse avec les autorités d'occupation.
Dès 1940, Nosek entretient des relations amicales avec Jacques Doriot, le chef du Parti populaire français (PPF), qui mettra certains de ses partisans à la disposition du SS. Cette proximité justifie qu'après la libération, quand Doriot et ses partisans se réfugient en Allemagne pour y poursuivre leur action politique, Nosek chapeaute l'organisation clandestine du PPF et ses opérations en France (propagande, sabotage, renseignement) pour déstabiliser le nouveau régime.
Il apparaît à cette époque dans Lorsque tous trahiront dont l'action débute le 22 février 1945, jour de la mort de Doriot dans le mitraillage de sa voiture sur une route de campagne, près de Mengen.
Roland Nosek a été longuement entendu par les services français de contre-espionnage après la guerre. Le résultat de son interrogatoire a été publié sous le titre : Un espion nazi à Paris (Histoire et Collections, 2014).
On y trouve notamment une description détaillée de l'ex-SS : « Taille 1 m 82 - corpulence moyenne - front haut, légèrement fuyant – bouche moyenne – très bonne denture – menton houppé – oreilles légèrement décollées – visage ovale – teint clair – cheveux châtain clair légèrement grisonnants, peignés en arrière avec raie à gauche – porte la moustache couvrant la lèvre supérieure mais séparée en deux.
Marche légèrement voûté. Allure générale distinguée.
Mise soignée.
Parle le français presque sans accent et l'écrit très correctement.
Parle et écrit l'anglais. »
À suivre : Nosek après la guerre, Nosek et la libération de Geneviève De Gaulle.
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